Infos pratiques

Ces infos sont le résultat
de quelques-unes de mes expériences
pratiques et administratives
pendant mon cancer.


Elles pourront, peut-être, vous être utiles et vous éclairer...



Première chose à faire :

Vous préoccupez de l’aide financière


Ça parait bizarre mais, tant que vous n’avez pas encore plongée dans les opérations et les traitements, utilisez votre énergie pour vous renseigner et régler cet aspect. Cela vous évitera de mauvaises surprises et des tracasseries dont vous n’aurez nul besoin par la suite.
- Vérifiez auprès de votre médecin traitant que la demande de prise en charge à 100% auprès de la sécurité sociale a été faite. Ensuite, mettez à jour votre carte vitale afin que tous les médicaments ou examens prescrits dans le cadre du cancer puissent être remboursés au plus tôt.
- Contactez aussi votre mutuelle et demandez-lui ce qui est mis en place pour vous aider financièrement. C’est-à-dire comment seront remboursés les médicaments, le matériel post-opératoire dont vous allez avoir besoin, éventuellement des dépassements d’honoraires pour une opération. N’hésitez pas à demander s’il existe des commissions d’aide ou de solidarité qui pourraient intervenir à titre exceptionnel. Faites-vous expliquer comment vous serez rémunérée en cas d’arrêt maladie prolongé.


Deuxième chose à faire :

Achetez votre matériel post-opératoire


Comme pour l’aspect financier, ce conseil paraît bien dérisoire par rapport à l’annonce du cancer qui vient de vous être faite et face au tsunami intérieur qui vous traverse. Mais justement, de par mon expérience, ce qui paraît être un détail maintenant, peut vous stresser ou vous fragiliser davantage si vous reportez au dernier moment cette action.

D’abord, vous ne savez pas à quoi ressemble ce « matériel » et parfois cela peut être un petit choc.
Il est donc important de vous préparer auparavant. Par exemple, le chirurgien vous a parlé d’une ceinture à commander mais vous découvrez finalement qu’il s’agit d’une gaine (d’un genre un peu spécial…comme celle de la chanteuse Madonna dans les années 90 !)
Par ailleurs, le matériel devra peut-être être commandé soit, parce qu’il n’est pas en stock soit, parce qu’il nécessite du sur-mesure, même s’il ne s’agit que d’un soutien-gorge post-opératoire.
De par mon expérience, je vous conseille de préparer cet achat en amont et de l’anticiper au plus tôt. Ce genre de petits détails sont autant de sérénité gagnée avant votre intervention.


Troisième chose à faire :

Prendre du temps pour soi


Cette annonce de cancer est un choc. Elle résonne dans vos oreilles et une petite voix intérieure vous dit en même temps, que ce n’est pas possible. Ça ne peut pas vous arriver.
Peut-être aussi, votre cerveau s’emballe et vous commencez à imaginer tout un tas de situations douloureuses voire catastrophiques. Bref, il est temps d’appuyer sur le bouton « pause ».
En fonction de votre situation personnelle, trouvez un moment pour vous. Si cela est possible, rapprochez-vous de votre médecin pour quelques jours d’arrêt ; ce temps est nécessaire, il va vous permettre d’apaiser votre mental, de retrouver de la confiance car, au fond, vous êtes une guerrière et si vous ne le savez pas encore…vous allez vous impressionner, si si !!
Et puis, il est important que vous abordiez vos traitements ou opérations sans être épuisée, vous allez entrer dans l’arène, il va vous falloir des forces !


Quatrième chose à faire :

L’annonce de la maladie


Aux proches : c’est une étape très délicate. Elle a été très difficile pour moi, surtout l’annoncer à mes enfants. Il n’y a évidemment pas de recette toute faite. Voici juste quelques conseils de mon propre vécu.
Avant de se lancer, essayez d’abord d’y voir clair : il faut avoir compris les différentes étapes, les traitements qui vous ont été proposés.
Ensuite, se sentir capable de les expliquer concrètement et le plus simplement possible. Entraînez-vous oralement ou par écrit si nécessaire. Vous pouvez aussi demander à rencontrer un psychologue de l’hôpital ou de la clinique où se situera votre prise en charge.
Pour les enfants notamment, faites cette annonce si possible à l’extérieur de chez vous ou dans un endroit neutre qui n’est pas rattaché à un souvenir particulier.
N’oubliez pas, vous n’êtes pas seule. Si besoin, appuyez-vous sur les professionnels de santé : pour vous, comme pour moi, c’est une première, c’est l’inconnu. Vous avez un peu l’impression de sauter dans le vide mais les oncologues, les chirurgiens sénologues, les radiologues, les infirmières qui sont autour de nous, sont de vrais professionnels, c’est leur quotidien !
Ils ont l’expérience et la technicité nécessaires qui vont nous permettre de nous tranquilliser, de nous en remettre à eux. C’est cela aussi qu’il est important de rappeler à nos proches. « Je suis bien entourée, j’ai une confiance totale dans le docteur… » D’ailleurs, rien ne vous empêche de demander au médecin s’il serait d’accord pour répondre à votre conjoint, à vos enfants ou à votre mère très angoissée, par exemple.
Cela peut se faire très simplement, par mail.


Pour l’annonce aux amis, je conseille si cela est possible, de confier cette mission d’annonce à une personne de confiance. D’abord, parce que cela vous évitera de répéter plusieurs fois cette nouvelle, déjà éprouvante pour vous.
De plus, vous n’aurez pas à gérer toutes les réactions d’angoisse que cette annonce va immanquablement susciter. Pour l’avoir expérimenté seule, j’en garde un très mauvais souvenir.
Je me sentais dépossédée de mon besoin de réconfort car à chaque annonce à mes proches, parents, amis, je me sentais responsable de la violence qu’elle allait provoquer et donc j’essayais par tous les moyens de l’atténuer.
Si bien qu’au lieu d’être réconfortée, la plupart du temps, c’est moi qui atténuais et rassurais mes interlocuteurs !

Au travail : si vous avez le temps et l’occasion d’organiser votre remplacement c’est évidemment le mieux, vous vous sentirez plus sereine. Mais si cela n’est pas possible…l’important c’est vous ! Vous êtes la priorité numéro un donc pas de culpabilité inutile.
Votre santé est pour le moment votre mission principale. Renseignez-vous aussi sur le maintien de votre salaire pendant vos arrêts maladie.
Sera-t-il complet ou partiel ? Au bout de combien de temps, pendant combien de temps ? Ça peut être aussi l’occasion de rencontrer une assistante sociale.


Cinquième chose à faire :

Prévoir les rendez-vous post-opératoires


Si cela rentre dans le cadre de votre traitement, il vaut mieux, d’expérience, prendre contact et les caler avant une opération, par exemple, avec une infirmière qui assurera les soins à votre domicile et éventuellement les séances chez le kinésithérapeute, si votre médecin vous en a parlé.