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Mes émotions, j’en fais quoi ?


Je conseille de demander le nom et les coordonnées du psychologue oncologue de l’hôpital ou de la clinique qui vous prend en charge, même si pour l’instant, vous vous sentez suffisamment forte et pensez que cela ne vous sera pas utile.
Pendant mon cancer, je suis passée par plusieurs phases émotionnelles, peut-être ressentirez-vous les mêmes que moi, ce qui suit est une sorte de témoignage et le résultat de mes observations.


CHOC ou SIDERATION

JE SUIS EN COLERE

J’AI PEUR

JE ME SENS COUPABLE DE…

CHOC ou SIDERATION


A l’annonce du cancer, on peut penser des phrases du type :
«Ça n’est pas possible ! Je vais me réveiller… ce n’est pas de moi que l’on parle….
ça ne peut pas m’arriver ! Ça n’est pas réel ! Je n’y crois pas !»


C’est une phase toute à fait normale puisqu’évidemment, on n’est pas préparée à une nouvelle pareille et que derrière le mot cancer on projette plein d’images négatives et très angoissantes!
Et même après les explications, pourtant très claires du chirurgien…j’ai connu ce moment de flottement.

D’après ce que j’ai observé :
D’abord se laisser le temps… c’est à l’intérieur de vous que cela se joue et il est préférable de vous laisser l’espace dont vous avez besoin.
Donc STOP avec les images, les films, les documentaires, les émissions et éventuellement les conversations sur le cancer de votre cousine ou de votre collègue …là, il s’agit de vous.
Par ailleurs, tous les cancers du sein ne sont pas les mêmes donc, le plus important à partir de maintenant, c’est de comprendre le vôtre !
Dans la mesure du possible, essayez de vous raccrocher au maximum aux explications des traitements proposés par les médecins.
Mentalement, repassez-vous ce qui vous a été dit et reprenez, étape par étape, pour comprendre et assimiler. Les termes médicaux et techniques, les propositions, tout est à décortiquer.

C’est un autre monde, avec son vocabulaire et ses méthodes jusqu’à présent inconnues pour vous.
L’autre chose que je vous propose est de commencer à préparer votre prochain rendez-vous. C’est à dire, noter par écrit toutes les questions qui vous viennent sur le déroulement des traitements, le résultat attendu, les effets secondaires, ce que vous pouvez préparer avant, ce qui vous aidera après.
Autre proposition : lors du prochain rendez-vous, notez les réponses par écrit ou allez au rendez-vous à 2, vous pourrez confronter, en sortant, ce que vous aurez compris.

JE SUIS EN COLERE


Par exemple, on peut se dire :
« pourquoi ça m’arrive à moi ?
C’est toujours sur moi que ça tombe.
Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?
Les autres ne peuvent pas me comprendre. »


Comme la sidération, votre colère est légitime donc, dans un premier temps,
si vous la ressentez, vivez la … mais donnez-lui un délai maximum.

D’après ce que j’ai observé :
Essayez de passer mentalement un accord avec vous-même sur sa durée…allez crier dans un endroit isolé si ça vous soulage ou bien confinez-vous pendant un moment…ou toute autre chose afin de décharger cette colère.
Mon conseil, en tant qu’ex patiente, est de ne pas lui laisser trop de place.
D’abord, c’est une émotion qui prend beaucoup d’énergie or, vous allez avoir besoin de toutes vos ressources pour affronter la suite.
Ensuite, la colère dans le cadre de la maladie nous ramène à un état de victime et malgré les apparences, vous n’êtes pas une victime.

Bien au contraire, vous êtes une héroïne…peut-être l’ignorez-vous encore mais vous êtes une battante et vous n’imaginez même pas la force et le courage qui sont en vous, prête pour la bataille !
C’est juste une question de regard…vous ne pouvez pas « vous disputer avec la réalité »… la seule chose à essayer est de vous décaler un peu et d’observer différemment ce qui se passe pour vous.
Alors essayez de laisser tomber la colère et accueillez la guerrière qui est en vous !

J’AI PEUR


«J’ai peur de l’opération, j’ai peur d’avoir mal, j’ai peur que ça rate, des quantités de peurs s’enchaînent les unes aux autres, un peu comme une spirale.

Elles peuvent très facilement nous embarquer avec elles et c’est un peu comme une roue qui n’en finit pas de tourner.
Les peurs tournent en boucle dans notre tête.
Le fait d’avoir peur du futur protocole de soin ou de la prochaine opération est tout à fait naturel, même pour la super battante que vous êtes !
Ça peut paraitre un peu bateau, mais dites-vous bien que toutes ces peurs qui vous traversent, ne sont que des émotions nées de nos propres pensées et qu’elles ne sont que des suppositions de peurset en aucun cas, la réalité.

D’après ce que j’ai observé :
Essayez de vous focaliser sur la réalité, sur les faits :
la réalité, c’est que vous êtes une patiente prise en charge par des professionnels de santé et en attente de tel traitement ou de telle opération, cela c’est une réalité.
Une autre réalité, c’est que les professionnels qui vous entourent sont parfaitement compétents et qualifiés pour vous soigner.
Encore une réalité, le protocole qui vous a été proposé est celui qui correspond le mieux à votre cancer. Ce protocole qui vous est proposé a déjà fait ses preuves sur d’autres patientes, il fonctionne très bien.
Rappelez-vous bien ceci : dès que les peurs apparaissent, elles déforment votre perception car elles ne sont que des émotions…
pas la réalité.

Un autre piège des peurs à éviter : le cycle des peurs qui entraîne ces fameuses petites suppositions contagieuses qui commencent toutes par …et si… : Et s’il se passe ça …et s’il m’arrive ça, et si ça ne marche pas, et si, et si, et si….
Quand vous repérez cet état de peur, avec cet enchaînement de petits « et si », je vous propose de vous dire mentalement STOP : « je coupe le circuit ».
Vous devez vous rappeler que ces peurs ne sont que des projections, des hypothèses. Vous pouvez alors décider de prendre les choses une par une et reprendre le contrôle de vos pensées ; vous allez revenir à l’appréhension initiale, à celle qui a déclenché toutes ces suppositions.
Par exemple, « je vais me faire opérer d’une mastectomie dans 3 jours et j’ai peur d’avoir mal ». >br>Dans ce cas précis, rappelez-vous ce que le médecin vous a dit à ce sujet et concentrez-vous sur sa réponse et ses explications…et revenez y autant que nécessaire.

JE ME SENS COUPABLE DE…


Je me sens coupable de demander de l’aide, de demander un arrêt de travail.
Je me sens coupable d’avoir une baisse de moral alors que l’opération ou le traitement est une réussite.
Je me sens coupable de ne pas être capable d’entretenir la maison alors que j’y suis toute la journée…


C’est une émotion que j’ai ressentie plusieurs fois pendant mon parcours de patiente….
alors ce que ce que j’en ai retenu, c’est que la plupart du temps, cette émotion de culpabilité naît d’un jugement que l’on porte sur nous et/ou par rapport aux autres mais aussi, d’un sentiment d’impuissance.

D’après ce que j’ai observé :
c’est de rajouter un « pour le moment »à la culpabilité.
Par exemple, vous avez besoin d’aide, pour le moment ; vous ne pouvez plus exactement faire les mêmes activités qu’avant, pour le moment ; vous avez besoin d’un arrêt de travail, pour le moment.
Ce pour le moment fait partie de l’expérience de la maladie que vous traversez. Et surtout, il ne va pas durer et prendra fin avec votre guérison.

Ce pour le moment sous-entend que vous vous donnez l’autorisation de vous sentir mal, de faire moins de choses, de demander un temps d’arrêt. Cela signifie que vous vous écoutez, que vous prenez soin de vous et c’est justement ce qui est nécessaire à votre guérison.
S’écouter, quand on est malade, ce n’est pas se laisser aller ; s’écouter, quand on est malade, c’est faire au mieux, chaque jour, avec l’énergie morale et physique du jour, un pas après l’autre.