Les techniques de reconstruction mammaire

"S'informer pour décider"


20 000 mastectomies sont pratiquées chaque année en France.
De nombreuses patientes invoquent le manque d'information sur ce sujet au cours de leur parcours. Laissées dans le flou, certaines d'entre elles choisissent par défaut ou préfèrent s'abstenir.
C'est pourquoi l'association vous propose, de manière succincte, un aperçu de différentes techniques.
Si vous souhaitez échanger avec une ancienne patiente sur la reconstruction par lambeau du grand dorsal, n'hésitez pas à nous contacter : sebaetre34@gmail.com ou via notre page facebook.

La reconstruction par implant mammaire

C'est quoi ? Le chirurgien glisse sous la peau du sein ou sous le muscle une prothèse remplie de sérum physiologique ou de gel de silicone.
Pour qui ? De préférence pour celles ayant des seins petits ou moyens et présentant une peau souple. Pour les seins plus volumineux, il sera nécessaire de poser au préalable un expandeur (une enveloppe de silicone, ndlr) sous la peau, que l'on gonflera une fois par semaine avant d'implanter la prothèse définitive. Attention, durant la phase provisoire d'expansion des tissus, la sensation de tension peut être inconfortable, voire difficile à supporter.
Durée de l'opération : entre une et deux heures.
Suites opératoires : la pose d'un implant peut provoquer des hématomes et, dans de rares cas, une infection nécessitant son retrait. Une « coque » peut aussi se former autour de la prothèse, rigidifiant le sein. Conséquence d'une réaction inflammatoire. Il faut alors réopérer pour retirer la coque et changer l'implant. Certaines prothèses peuvent aussi se percer ou se dégonfler, là encore il faut ré intervenir.
A noter : une prothèse doit être changée tous les dix ou vingt ans, en fonction de l'évolution du corps de la patiente.
Arrêt du tabac : Les chirurgiens demandent à leurs patientes des délais différents pour s'abstenir de fumer avant et après l'intervention chirurgicale, de 2 à 5 semaines, avant et après. Mais les dernières recommandations de délai optimal seraient comprises entre 4 et 8 semaines. Fumer provoque la constriction des vaisseaux sanguins, réduisant l'approvisionnement en sang et l'oxygène transporté par le sang vers la zone chirurgicale. Or les tissus ont besoin de cet approvisionnement en sang et en oxygène pour pouvoir cicatriser. Lorsque l'approvisionnement en sang est réduit, les tissus cicatrisent plus lentement.
Quel résultat ? Le sein reconstruit est ferme, peu mobile, situé haut et d'aspect juvénile.
Des cicatrices... Dans le cadre d'une reconstruction immédiate, elle sera sous le sein, ou bien sur le sein si l'aréole et le mamelon doivent être retirés. Pour une reconstruction secondaire, le chirurgien utilisera la cicatrice de l'ablation.


La reconstruction par lambeau du grand dorsal

C'est quoi ? Le chirurgien fait passer le muscle du Grand Dorsal sous l'aisselle et le récupère devant afin de le positionner à la place du sein initial. Tout en conservant l'alimentation vasculaire du muscle.
Une bande de peau peut aussi être prélevée dans le dos afin de remplacer celle qui a été enlevée sur la poitrine lors de la mastectomie. Si le grand dorsal ne suffit pas, on peut parfaire le sein avec une prothèse ou injecter de la graisse prélevée dans le ventre ou les cuisses. Cette seconde option est le plus souvent privilégiée. Pour qui ? Peu importe la taille du sein initial. On peut aussi l'envisager comme reconstruction immédiate ou dans les neuf à douze mois suivant une radiothérapie.
Durée de l'opération : trois heures.
Suites opératoires : Le port d'une gaine et d'un soutien-gorge pendant 1 mois. Peu, voir pas de douleur. Seules 5 % à 10 % des patientes font part de douleurs chroniques dans le dos. Il existe également un risque d'hématome et d'épanchement séreux (lymphocèle) à l'endroit où le muscle a été prélevé.
Prévoir une vingtaine de séances avec un kinésithérapeute pour des massages et une rééducation pour remobiliser l'épaule.
Quel résultat ? Le résultat est très naturel et les tissus suivent l'évolution du corps de la femme.
Des cicatrices... peu de cicatrice à part celle dans le dos, d'environ 7 cm et le plus souvent positionnée à l'attache du soutien gorge.
Arrêt du tabac : C'est la contre-indication majeure. Le tabac ralentit la circulation sanguine et augmente les risques de nécrose.

La reconstruction par microchirurgie

C'est quoi ? Le chirurgien prélève un morceau de peau et de graisse avec, pour l'irriguer, une veine et une artère. Il vient « rebrancher » le tout au niveau du thorax et modèle ensuite le sein. Si le prélèvement est réalisé au niveau de l'abdomen, on parle de Diep (deep inferior epigastric perforator). Mais il peut aussi s'effectuer sous la fesse (on parle alors d'un PAP) ou encore au niveau de la face interne de la cuisse. Dans ce dernier cas, il s'agit d'un « gracilis », du nom du petit adducteur qui est également prélevé (sans séquelles, car c'est un muscle secondaire).
Pour qui ? Intéressant pour les femmes ayant des seins volumineux. C'est aussi une bonne option pour celles qui ne veulent pas d'implants, ou qui refusent la reconstruction par lambeau dorsal ou ne peuvent en bénéficier. La reconstruction immédiate est possible même si une radiothérapie est à prévoir. Les patientes atteintes d'obésité morbide sont exclues de ce protocole (risque de phlébite et d'embolie pulmonaire).
Durée de l'opération : quatre à huit heures. Voire dix heures si l'on procède à la reconstruction des deux seins lors de l'intervention.
Suites opératoires ? Après un Diep, le port d'une gaine abdominale nuit et jour est nécessaire pendant six semaines.
Quel résultat ? Le sein est d'aspect souple avec d'emblée un galbe très proche du sein naturel.
Quelles cicatrices ? Assez longues, mais localisées à des endroits relativement discrets (bas ventre, face interne de la cuisse, sillon sous-fessier).
Arrêt du tabac : C'est la contre-indication majeure. Le tabac ralentit la circulation sanguine et augmente les risques de nécrose.